Un peu trop gratuits
Parce qu’il n’est pas toujours facile de tenir le rythme incroyable de notre article quotidien, on ramasse consciencieusement avec Dessert toute la presse gratuite lyonnaise. On achète aussi de la payante, et de la pas lyonnaise, mais la gratuite lyonnaise semble être la cible idéale pour nous filer des idées d’articles pour pas cher, des idées de boutiques à visiter, de restos à chroniquer, and so on.
Et ben pour l’amour de vous, on lit quand même de sacrés trucs… Petite revue de presse.
Je ne parlerai pas des gratuits d’information générale, les traditionnels 20 minutes, Métro, Direct Soir et Lyon plus. Il y aurait beaucoup à dire, mais il ne faudrait surtout pas qu’on ait l’air de s’y connaître en trucs sérieux sous peine de perdre toute crédibilité.
Je ne parlerai pas non plus du Petit Bulletin ni d’Hétéroclite, respectivement institution hebdomadaire de chroniques culturelles et mensuel “gay mais pas que” parce qu’il n’y aurait guère moyen d’en dire du mal. Je ne parlerai pas non plus de Kiblind, un cultureux pointu et un peu barré dont j’adore les “pages blanches”, pages abandonnées aux esprits délirants de graphistes, poètes et autres artistes dans tous les sens. C’est gratuit au sens philosophique du terme, j’adore.
Je trouve beaucoup plus amusant de vous parler des autres…
Tous les 15 jours, quand je vois la dernière édition de A Nous Lyon, c’est pareil: je trouve la une sympa, les accroches pas mal, je me dis que ça vaut le coup et que je vais forcément y trouver des bons plans pour notre cher et tendre blog. Et puis finalement… Les chroniques culture son moyennes, les reportages sont moyens, les séries mode sont moyennes, tout ça manque un peu de sel. Il y a bien tout un tas de bonnes adresses dont je me dis à chaque fois: “trop bien, il faudra que j’essaie” mais évidemment, je ne le fais jamais… Je continue de le lire, mais bon. Sans conviction.
Avec Pili Pili Lyon, on tient un concept. C’est “le piment urbain pour acheter malin”. Youhou! Comme pour A Nous, c’est une édition locale d’un truc qui existe ailleurs. Ce qui se voit un peu trop quand dans toutes les pages de rédactionnel, les adresses, marques, boutiques, restos, sont… parisiens. On se sent un peu exclues du monde merveilleux de la hype, c’est un peu vexant. Alors on se rabat sur le piment malin du magazine, les longues pages de bons de réductions. Ça va de 10% de remise dans telle boutique chic (pas mal) ou sur le réagencement de votre salle de bain (plus pointu), à un sticker offert (moins bien), en passant par “un cadeau de bienvenue pour tout premier achat” (mystérieux tendance foireux). Les réductions sont plutôt intéressantes, mais comme avec tous les bons de réduction, je ne m’en sers jamais. Quand j’ai l’intention d’acheter quelque chose de précis, je cherche un bon de réduction, mais le bon de réduction suffit rarement à me faire acheter des choses. Mais dans l’absolu, le magazine est gratuit, hein, alors on ne perd rien à l’éplucher tous les mois!
Avec Freesh, on commence à basculer du côté obscur de la force. Étonnamment, les unes de ce “trends magazine” sont mortelles. Pour le numéro d’avril, un caneton sous exta qui sort de son oeuf. En février, c’était un lapin avec un masque vénitien. et pas de titres de rubrique ou d’autres trucs à bases de chiffres ou de lettres. Je me dis tous les mois que je devrais garder les couv pour faire une grande fresque animalière pour mes toilettes. Mais sinon… C’est ici que commence l’invasion des pages pleine de photos de gens dans des soirées comme par exemple: “Anniversaire du Pop Café” avec des ados prenant des poses débiles… Côté rédactionnel, c’est très douloureux. Par exemple, l’interview ce mois-ci d’un “créateur de lieux” (d’un décorateur, quoi) qui se la raconte à peine “En fait je ne me prends pas la tête et je saisis les opportunités. Être reconnu dans le métier est une satisfaction mais pas une finalité”. Voilà voilà voilà… L’avantage, c’est que les pages de pub étant moins chères, elles sont plus accessibles à plein de boutiques et je me dis “oh trop bien, il faudrait que j’y aille” et devinez quoi: je n’y vais jamais…
On monte encore d’un cran avec Lyon(club)bing.com. Déjà, les gens qui se la pètent avec des parenthèses dans leur nom, ça me met pas de bonne humeur… Et les séries de photos de gens inconnus non plus. Sachez donc que vous avez loupé ce mois ci la “Private Party au Gotha” un concours de top models, “le Lyon Golf Indoor qui installe ses simulateurs à la Cité internationale” avec plein de quinquas botoxées que le flash n’arrange pas, la soirée des “Décideurs VIP on the move” (que le type qui a validé le nom de ce concept se jette par la fenêtre s’il vous plaît), des salons du tourisme, des défilés, des soirées karting, et plein d’autres soirées mal éclairées ou des tas de people sont allé s’ennuyer poliment. People? Je ne suis pas sûre que “Monsieur F. (EDF)” ou “Madame A. (Optique de la Grande Rue)” soient des people. Mais je peux me tromper.
Mais voici qu’arrive leur maître à tous, Lyon People. 88 pages, Messieurs Dames, là c’est du lourd! Attention, c’est un vrai magazine, avec un édito, ou le rédac’chef se félicite de l’idée trop cool de “la baignoire”: ça fait deux mois que les interviewés (ce mois-ci un chef étoilé et ses cuistots) acceptent de se faire prendre en photo tout habillés plongés dans un jacuzzi. Vous lirez tout un tas d’article à prétention Nouvelobs’esque, enfin, plutôt le Point’esque on va dire. Des chefs d’entreprise, petites et grandes, éventuellement une ou deux copines dans la culture, c’est le festival des interviews qui se prennent au sérieux, plein de name dropping, de publi-reportage à peine voilé et de phrases cultes du genre “la maturité vient avec les années”. Ajoutez à cela les interviews de politiques faussement décontractés à la Ardisson, C’est vraiment tout ce que j’aime. Sachez en tout cas que ce mois-ci, vous avez loupé “l’assemblée générale du Crédit Mutuel Maréchal Liautey” : une pleine double page de photos déprimantes.
Voilà! La branche sur laquelle je suis assise est maintenant bien sciée, aucune chance que les médias gratuits lyonnais viennent interviewer les délicieuses auteures Fromage et Dessert! En même temps on s’en fiche, puisqu’on est déjà les stars de la presse payante! (Bientôt dans vos kiosques, on vous en reparle très vite!)
Plus sérieusement, pourquoi les cultureux s’en sortent honorablement alors que les soi-disant trucs tendance sont si… différents, hein? Les filles, dans vos contrées lointaines, vous avez ça aussi?






Hello!
Je ne suis pas hyper branchée presse gratuite…
A part le 20 minutes choppé à la fac pour me tenir au courant de l’actualité (ça fait genre je suis sérieuse, alors qu’il n’y a u’une page “monde”)
On a let’s mov (ou un truc du genre) à Tlse, qui récapitule vaguement l’actu culturelle du moment, et “Capitole”, qui est un peu plus complet.
A part ça, il peut bien y en avoir 50, je ne les connais pas… Généralement, c’est tellement underground que ça me fait peur, je ne les prend même pas.
Et ton article ne me donne pas trop envie de m’y risquer ;o)
Bises
LMO
Je ne savais même pas qu’il y en avait autant!
Même vice sauf Lyon clubbing et lyon Peolple.
je ne connaissais pas Kiblind et j’ai hate de le découvrir.
Même remarque sur A nous Lyon : creux. Et inutile de leur proposer une “pige ” : zéro réponse. Au mieux si l’idée leur a plu, il l’exploite sous un autre concept et pas de recours.
J’aime bien “A nous Lille” et “BubbleMag -édition Lille”
J’aime beaucoup les bestioles déjantées..
Je n’en ai pas lu beaucoup (à part 20 minutes et Direct Soir de temps en temps) mais ça ne donne pas envie effectivement ! Pili Pili avait fait une pub d’enfer pour leur sortie avec distribution sur la rue de la ré mais en fait, y’a pas grand chose dedans et comme tu dis, c’est pas parce qu’il y a une réduction qu’on va forcément y aller !
Et je trouve grandiose les photos people avec des gens totalement inconnus
eh ben je connaissait même pas freesh mag, ou alors j’ai du le confondre avec A nous Lyon dont il est un clone.
il clonent aussi lyon people freesh
j’adhère à tout cela, et j’ajoute : le pire, c’est de se retrouver en photo dans un de ces canards (Lyon People, pour ne pas le citer), les autres te prenant alors pour un pipole de Lyon (”ah bon, ya des pipoles à Lyon ?”), alors que t’as juste été flashée à une inauguration “si si, jolie demoiselle, vous êtes très bien pour la photo” !!!
quand on n’est pas habituée (et au fond, je ne souhaite pas l’être un jour, ça supposerait que ma vie ne m’appartiendrait plus), c’est bizarre, comme effet !!
j’adore l’idée de tapisser un mur avec les couv’ de Fresh, ya une idée très pop art à creuser…
Ben moi je préfère lire F&D : c’est gratuit aussi, et c’est vachement mieux écrit ;-). Bravo pour ton article!