Mon horrible maladie
Après l’addiction terrible de Dessert, à mon tour de m’allonger sur le divan pour vous parler de mon tourment.
D’aussi loin que je me souvienne, quand ma mère ( rien à voir avec ma mère en vrai, mais bon, si je suis sur le divan, je dois forcément parler de ma mère, non?) donc d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fan de quelques grands créateurs et couturiers, au premier rang desquels Kenzo et Christian Lacroix. Peut être parce que j’ai commencé à piquer les magazines de ma mère (on y revient) dans les années 90, années où la joie de vivre et l’excentricité étaient moyennement de mise. Du coup, les deux colorés me consolaient: “ne t’inquiète pas, jeune demoiselle, le glamour, le fuschia, le fleuri ne sont pas morts, tu peux compter sur nous”
Et plus les années passent, plus les étiquettes prestigieuses me font me pâmer d’émotion… Mais pas toutes, seulement certaines. Mettez moi dans une belle boutique vintage avec des robes Dior, des escarpins Chanel, et des sacs Hermès, et je tourne de l’oeil. C’est comme croiser Brad Pitt par hasard à la sortie de son palace parisien: on a aucunement envie d’aller lui parler (”Han, j’adore ce que vous faites et vous êtes troooooop beau”) mais on est toutes excitées. Et bien je suis pareille. J’ai l’impression d’être en présence de grandes personnalités, inspirées d’un talent immense, et c’est terriblement étourdissant.
Et puis deux phénomènes distincts, mais concordants, se sont télescopés, et ce, pour ma perte la plus définitive. L’augmentation régulière de mon pouvoir d’achat dans mon début de carrière, et l’invention des sites de ventes privées.
Argh. Brad Pitt, je ne le croise plus par hasard dans la rue, il s’avère qu’il prend un café à la table voisine. Ça commence à devenir compliqué de rester rationnelle.
Mon premier shoot achat, ce fut un (magnifique) ensemble de lingerie en dentelle grise et rosée de Christian Lacroix. J’ai gardé l’étiquette dans ma boîte à gris gris pendant très très longtemps, je dois peut-être même toujours l’avoir. J’ai recommencé lors des mini-collections Lacroix pour la Redoute, avec un beau tapis à volutes. Dessert, qui me connaît par coeur, m’a offert pour mes 25 ans un ensemble de serviettes de bain Kenzo. J’ai récidivé avec une parure de lit Kenzo sur la liste de mariage, me suis gavée lors des déstockages de lingerie Kenzo ET Christian Lacroix chez Espace Max, etc etc.
Vous me direz que là, on ne parle guère que de produits dérivés, de verroterie destiné à berner les indigènes, pendant que les colons les pillent sans vergogne. Certes. Mais la verroterie, ça brille, quand même…
Je me suis rendue compte qu’il y avait un problème lorsque j’ai porté ma robe Nina Ricci, acheté 100 euros au lieu de 1000, et que je me suis rendue compte qu’en fait, elle ne me plaisait pas tant que ça. Mais l’équation grande marque + prix accessible + impression de faire l’affaire du siècle, je suis incapable de résister. La robe aurait été à 100 euros au lieu de 200, ou d’une marque inconnue, je ne l’aurais même pas regardée. Comme si j’imaginais que c’est l’étiquette qui allait me rendre jolie. N’importe quoi…
Et j’ai encore rechuté. Vente privée Kenzo sur Espace Max (encore): je commande un petit top, je le reçois, l’essaie, et me dit, toute contente “c’est une bonne nouvelle qu’il m’aille, je ne me sentirai pas obligée de le laisser traîner dans le placard” . Il n’y aurait pas quelque chose qui cloche? Et mes mocassins Dolce&Gabbana: j’aurais peut être accordé plus d’importance à la hauteur indécente de leurs talons si la marque avait été différente…
Et re-belote lors de la vente Christian Lacroix Chaussures: il m’en fallait une paire. A tout prix. Enfin non, pas à tout prix, elles n’étaient pas si cher pour des Christian Lacroix (voyez comment je suis?) J’ai épluché la vente douze fois avant de faire mon choix, mais à aucun moment dans mon esprit je n’ai envisagé de ne rien acheter. Je les attends, elles seront sûrement superbes, mais des sandales vert pomme à talons en bois, je vais devoir attendre un peu avant de les porter…
Maï-Thy me dit que ça vient de mon style, parce que ma base est “chic”, alors que les “nature” se fichent bien de l’étiquette, tant que le vêtement est confortable.
Alors docteur, vous trouvez ça grave?
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C’est pas grave madame, ca fera 100 euros…! (ben quoi, c’est pas comme ca que ca marche??)
) mais si rien ne me tape dans l’oeil, meme avec des reductions affolantes (190e la veste au lieu de 1700….)je ne craque pas. Depuis quand j’oserai me balader avec une veste multicolore, meme hypra soldée, même Nina Ricci, hein?
Ouh la, tu es pire que moi en fait! je suis vente privee-addict: je n’achete plus rien, ou presque hors promotion (voui, même des trucs “pas chers”, ca me fait suer de payer plein pot) et je rechigne à aller me faire pietiner dans les magasins alors que je peux remplir mon dressing tranquile sur mon canapé….
Mais, je n’achete pas encore uniquement en fonction de la bonne affaire ou de la marque. Soit, je vais voir (comme ce matin, Nina Ricci
je comprends tout à fait ton mal par ce que je suis moi aussi atteinte du même syndrome (syndrome qui a mon avis est bien plus rependu que la grippe A , voilà un vrai problème de santé publique dont personne ne parle….)
Nous sommes nombreuses à perdre toute ou partie de notre objectivité lorsque le facteur prestige de la marque entre en ligne de compte : prenez un petit top zara et le même étiqueté chloe, marc jacobs, balenciaga…..vers lequel serons nous inévitablement attiré? le griffé bien sûr … ca parait snob mais en fait ca ne l’est pastant que ca …… toute amoureuse de la mode rêve de posséder dans son dressing de jolies pièces d’une marque prestigieuse c’est un peu comme un amateur de voiture:
si on lui demande de choisir entre une porsche et une skoda même si le modèle est le même ce dernier préfèrera indubitablement la porsche pour ce qu’elle véhicule (jeu de mot….pour toi public!) alors si vous prenez votre amateur de voiture dont le budget plutôt ric rac l’empêche d’acheter la porsche de ses rêves et est donc obligé de rouler en skoda, si un jour de promotion on lui donne la possibilité d’acheter une porsche pas celle dont il rêve , peut être pas la bonne couleur, ni même de la dernière collection….mais une porsche quand même et qui plus est à prix défiant toute concurrence, à prix ENFIN abordable….que croyez vous que notre amateur de voiture va faire: il va l’acheter évidemment!!!!
en bref nous sommes tous pareil fromage …inutile de se sentir coupable pour ca
c’est d’ailleurs pourquoi tant de furies seront prêtes à mettre plus de 100€ dans des chaussures achetées chez h&m ,finalement pas si craquantes que ca et pas si portables non plus …mais ce sont des jimmy choo…et juste pour ca elles sont trop choo…non???
merci nanette, je me sens définitivement moins seule!
et pour samedi, j’ai un antidote imparable pour éviter de craquer sur des jimmy choo inconfortables et de qualité moyenne: j’en ai déjà, des vraies, achetées en boutique et en soldes!!! alors je suis sereine
Mais c’est très très répandu comme maladie, ça!
Je ne sais pas à quoi vous l’associez de votre côté, mais mon très cher mari (qui représente le ministère des finances dans notre couple…) a décrété qu’il s’agissait là d’une forme de boulimie compulsive destinée à compenser le peu de temps et de sollicitude qu’on nous accorde à nous, femmes.
On achète ce qu’on idéalise, ce que l’on voudrait être.
Et surtout, surtout, inutile de réfréner ces pulsions : on en a besoin.
Un peu comme si nos dressings faisaient soudainement de nous des super-héroïnes, prêtes à affronter ce monde cruel une fois planquées derrière une robe M. Azria et chaussées de Blahnik.
N’empêche, au delà de l’effet euphorisant que procure l’achat en lui-même, ces pièces de grands créateurs ONT un super pouvoir : elles nous rendent pour une journée invincibles (enfin, inaccessibles!)
Wonder woman s’habillait-elle en prada?
… Et cette fameuse robe Max Azria, hein ?
@Mag: Si seulement ton ministre des finances pouvait deteindre un peu sur le mien qui doit trouver qu’il me consacre assez de temps…;-) Si il se fait rarement entendre pour la lingerie, j’ai plus de mal à faire passer un nouveau sac ou de nouvelles chaussures (comme si on pouvait avoir TROP de sacs ou de chaussures…)
Je ne sais pas si wonderwomite (oups, woman!) s’habille en prada, mais je suis convaincue de l’effet bénéfique sur le moral de quelques pièces bien choisies sur une tenue, et au passage font oublier que non, nous ne sommes pas griffées de la tête au pied…
@Lalinnette: C’est tout à fait çà : le shopping ciblé luxe, c’est un enluminateur de journée!
@Fromage : Malgré tout, je compte y faire un tour chez H&M, ne serait-ce que par curiosité.
Soit je repartirai avec un air snob qui dira “Yeark, rien à voir avec les vraies”
Soit je repartirai avec ….. une paire de chaussures supplémentaires.
Dans les 2 cas de figure, je pense être satisfaite
@mag : comme d’habitude je suis tout à fait d’accord avec toi
1) oui avoir une paire d’escarpins louboutin rend nos jambes infiniment plus longues, oui avoir un jean chloe nous fait des fesses incroyablement plus alléchantes , la pièce maitresse reste quand même le sac: rien n’habille mieux qu’un beau sac dreyfuss, chloe, prada, balenciaga …….arg il y en a tellement que je ne saurais en citer 1 (tiens d’ailleurs les f&d ca pourait être un super sujet de sondage quel est le it bag selon les lectrices de f&d )
2) pour h&m et jimmy….vivement samedi!!!!!!J-2!
Pour Kenzo et C. Lacroix, je suis pareille, après acheter juste parce que c’est de la marque à rpix ventes pirvées, non. Je suis sage !
aaah c’est rassurant de voir qu’on est toute pareil
Même si en vrai, je n’ai pas de pièces de grandes marques parce que j’essaie quand même de m’acheter des choses qui me vont (surtout quand c’est cher). Pour l’instant, je plafonne à Comptoir des cotonniers et ça me va bien
(enfin ça me suffit, quand à m’aller, c’est un autre sujet
)
Je comprend même si (heureusement) j’ai été pareille à nettement moindre échelle. Au début de mes pérégrinations sur les VP, dès que je voyais un nom un peu connu type Maje ou Manoush (et que je ne trouve pas dans mon bled donc) je DEVAIS acheter qq chose. Après qq pièces au placard qui n’en sont jamais sorties ou presque, j’ai fini par me calmer, mais je vais quand même jeter un oeil à la réception du mail…
C’est vrai que c’est un peu comparable avec les voitures : je m’en fiche royalement (la dernière c’est une Skoda justement…), mais hier dans ma BMW série 1 de fonction, je me sentais… bien