Shopping détox
L’autre jour, ayant renoncé piteusement à tout espoir de dégoter des Jimmy Choo pour H&M, nous nous sommes retrouvés avec Dessert et Liliane pour un Starbucks. Imaginant avec le plus grand enthousiasme les sévices que nous aurions aimé faire subir aux marketeux de H&M, Liliane nous avoue qu’elle s’est mise au régime. Non, non, point de régime alimentaire, la demoiselle se porte très bien, merci pour elle. Mais à la diète d’achats, au régime hypocompulsif, à une cure de détox de shopping.
Oh mon Dieu, mais quelle drôle d’idée. Car non pas que Liliane soit ruinée ou RMIste, ce n’est point son banquier qui lui impose cette diète. Elle a fait du tri dans son dressing, a compté ce qu’elle avait, et s’est mise à cogiter…
Du coup, je suis curieuse, et j’ai voulu en savoir plus. Petite interview…
Comment t’es venue cette idée de diète de shopping?
Eh bien… Par où commencer?
Il faut savoir qu’il y a encore peu de temps, la mode n’était pas un problème pour moi. Je ne trouvais jamais les chaussures de mes rêves, de toutes façons je ne mettais que du plat, et vu le choix restreint à Lyon, il n’y avait pas de quoi s’enthousiasmer. Je vivais encore dans l’ignorance de la transe shoesesque. Niveau vêtements, c’était un peu mieux, mais il pouvait se passer de longues périodes sans que je ne trouve rien qui me plaise (oui, je dis bien RIEN).
La vie était alors simple.
Mon non-look me convenait tout à fait. Et je dépensais donc tous mes sous dans des restos, des voyages, des livres… Parce que voyez-vous, mesdames, mesdemoiselles, je n’étais pas frivole! (pensait-elle…)
Et ce qui devait arriver, arriva… Un jour, j’ai découvert les blogs mode, et constaté que ben en fait, c’est quand même vachement plus sympa à lire le soir que le Monde Diplo! Première erreur.
Ensuite, ce furent les ventes privées qui m’ont fait croire que j’allais faire des économies (n’importe quoi, la fille!). Puis Spartoo et Sarenza, qui , malheur, m’ont fait réaliser que les chaussures jolies, ça existe! Et révélé l’existence de Chie Mihara et Annabel Winship. Gasp! Aaaaaahhhhh! Trop cher, mais pas assez pour ne pas baver, échafauder des plans, guetter les soldes et parfois obtenir la paire rêvée.
Et voilà, le drame: aujourd’hui, -maudit Internet- ce n’est plus un problème de trouver ce qui me plaît, bien au contraire. Je sais ce qui est à la mode, je suis au point sur les tendances. Je… Ô mon Dieu!!!!!…je suis devenue frivole!!!!!!!
Mais où est le problème? (Me direz-vous)
Eh bien, forcément, je dépense plus qu’avant… Et la fille pas frivole qui est en moi me susurre des trucs du genre « ces chaussures, c’est deux nuits à New York », ce pull, c’est 20% du trek Chamonix-Zermatt …
Et puis, avec Internet les folasses de la mode deviennent plus visibles… Et franchement, parfois, ça fait peur. (jogging +talons de 12, non mais ça va pas?) Et ça vous gonfle pas un peu, vous, les diktats? La forme de la veste cette année, les couleurs reines, les nouveaux noirs?
« Voyons, qu’est-ce que je vais mettre cette année pour bêler avec les autres? ».
Bon OK, j’exagère mais quand même… La rue Mouffetard le samedi soir, c’est quand même l’armée des clones!
En plus la fille pas frivole en moi est plutôt écolo ( et va à New York, oui, je sais, schizophrénie quand tu nous tients..) , et donc pas forcément portée sur la consommation à outrance.
Enfin bref… Une petite diète s’imposait…
A quoi t’es tu astreinte précisément?
Ne rien acheter pendant deux mois! (sauf: collants, chaussettes, culottes, maquillage de base.)
Quel est ton objectif: c’est un défi? un besoin? un test? une revanche?
C’était, disons… un test. Mais surtout l’occasion de prendre de la distance, de réfléchir à ce que je souhaite, à qui je suis, et à ce que je me permets. Ça m’a aussi permis de faire un vrai point sur ma garde robe.
Combien de temps as tu tenu? As tu craqué? Est ce que c’est difficile, de ne rien acheter?
J’aurais vraiment aimé dire que je tiens vaillamment, qu’en fait, c’est trop facile… Mais voilà: j’ai tenu un mois. Bon, c’est déjà ça…Eh oui: j’ai craqué. Ne rien acheter, même des trucs pas chers, quand on n’a pas de soucis financiers majeurs, je constate que dans notre société, c’est vraiment difficile!
Si tu as craqué, et acheté de nouvelles choses, as tu plus culpabilisé de cet (ces) achat(s), ou au contraire, l’as tu savouré?
Ben, les deux…
Est-ce que grâce à cette expérience, tu arrives désormais mieux à distinguer ce dont tu as besoin, de ce dont tu as envie? L’indispensable du superflu?
Cette expérience aura finalement été plutôt courte, mais maintenant, je suis plus au clair. L’inventaire de ma garde-robe m’a permis de constater que d’un point de vue strictement utilitaire, j’avais dans l’ensemble assez de vêtements. Et que donc, nombre de mes achats sont plus dictés par l’attrait des jolies choses.
Ta conclusion de tout ça?
Peut-être vais-je réussir à réconcilier mes côtés frivoles et pas frivoles! Je culpabilisais beaucoup de m’acheter de jolies pièces, pas forcément nécessaires. Je me dis aujourd’hui qu’en acheter de temps en temps, sans se voiler la face, et surtout sans essayer de se faire croire que, si, on en a vraiment besoin (« Mais, non ce troisième pull gris est très différent! Ce liseré bleu marine change tout, et j’en ai vraiment besoin.») n’est peut-être pas si mal… Vouloir mettre un peu de beauté dans sa vie, est-ce vraiment si frivole?
En revanche je pense que prendre un peu de distance avec les grandes prêtresses de la mode ne peut être que salutaire. Qu’on puisse vouloir faire de la mode quasiment une science, avec ses bons et mauvais élèves, ses notes, sa fashion police me fait gerber. (Oui, je suis vulgaire.).Un peu de légèreté et de tolérance, que diable!
Les filles, c’est une grande leçon de sagesse que voilà…




Tout cela me parle beaucoup, moi qui me suis lancée dans un défi shopping depuis le mois d’août…
D’ailleurs c’est drôle, j’ai suivi la même évolution que Liliane : c’est la lecture des blogs mode et la découverte des ventes privées qui m’ont rendue un peu déglingo côté shopping.
Donc ce défi c’est un test pour moi aussi, et j’en suis arrivée aux mêmes conclusions : j’ai tout ce qu’il me faut dans mes placards, en fait. Mais j’ai besoin d’un peu de nouveautés de temps en temps !
J’espère qu’au final, je serai capable d’avoir un comportement moins compulsif avec les fringues et que j’aurai appris à me faire plaisir de manière plus raisonnable.
Enfin, on remarque quand même qu’on a beau se lancer des défis comme ça, on ne le fait pas en période de soldes ! Faut pas exagérer…
Dans mes bras Liliane!
Et merci Fromage pour cette chouette interview et surtout pour aborder le sujet mode par cette face là.
Ca rejoint mes bonnes résolutions de la rentrée : acheter moins, de manière réfléchie, et surtout surtout une fois passé le stade pathétique du “Il me le faut à tout prix!!!”…
Mon Moi pas frivole est rassuré de ne plus se savoir seul! Mais bien que la tentation soit souvent grande, il faut avouer que je suis super fière de moi
C’est vrai qu’avec internet on dépense sans s’en rendre compte.
Dans les périodes où j’ai beaucoup de boulot/pas le moral/pas le temps je peux apsser un mois sans dépenser d’argent en fringues et make up, mais depuis qu’il y a le web, on trouve toujours 5 minutes pour surfer sur vente privée and co…
Bravo Lilianne pour cette expérience. Moi aussi je craque plus sur du beau que sur du “j’en ai besoin”. D’ailleurs quand je cherche un truc précis, ça mesaoule, je ne trouve jamais.
avez vous remarquer qu’il y a des jours, on a juste “envie d’acheter qqchose”?
genre on a besoin de se récompenser/remettre/ d’une grosse journée de boulot, de se changer les idées, de se faire un petit cadeau?… juste “envie d’acheter”…
moi ça me le fait souvent… que ce soit fringues, maquillage, bijoux fantaisie… du coup, je calme mes pulsions à coup de magazines, comme ça je me fais plaisir, mais ça ne coute pas grand chose…
mais sinon, plus généralement, à mort internet et son argent qu’on dépense sans s’en rendre compte (encore pire avec paypal, meme pas besoin de sortir la CB de son sac)!
et félicitations à toi, liliane, bel effort!
et toi noémie, tu tiens bon?
Moi, mon numéro de CB je le connais par coeur depuis longtemps, cryptogramme compris… c’est pas bon signe je crois…
@Dessert : copine
y’a aussi des jours où j’ai “envie” de m’acheter qqchose, mais j’arrive à me limiter quand même (genre j’achète un bon pain et ça peut suffire à calmer la fièvre acheteuse). En ce moment j’achète moins quand même mais c’est plus parce que j’ai pris du poids (mmmh, l’effet pain ?
) et que je trouve que rien ne me va 
Mais bon, à force, sans aller à me poser un défi (j’avoue que je l’ai déjà fait et j’ai eu du mal ! )
je me raisonne plus facilement maintenant (bon juste avant de cliquer sur le bouton paiement parfois ^_^; ). Comme beaucoup je rêve d’une penderie avec 80% d’intemporel et 20% de pièces plus tendance et/ou fun mais j’en suis encore loin ! (déjà si j’avais 20% d’intermporel…)
@ Fromage : je tiens bon, j’ai légèrement dépassé le budget ce mois-ci, mais rien de dramatique…
Ce qui est bien, c’est qu’avec mon défi je me pose beaucoup plus de questions au moment de passer à l’acte réellement (= aller en caisse, valider mon panier, etc.)
Parce qu’effectivement, des jours où il FAUT que j’achète quelquechose, il y en a !
J’ai aussi remarqué que les travaux manuels peuvent aider : la couture, le tricot, etc. Ca permet de créer de la nouveauté dans son placard mais ça prend plus de temps que de faire les boutiques…
Donc quand j’ai des pulsions d’achat, j’essaie d’acheter du tissu, ou du matos à la Droguerie. Ca m’occupe l’esprit et me crée des activités “réelles” qui empiètent sur mon temps de shopping. Et c’est toujours ça de gagné.
@noémie: oui, je suis comme toi sur les travaux manuels ou loisirs créatifs! (et @waffo: oui, acheter un bon petit truc à manger ou à cuisiner, je fais aussi!)
bref, il y a pas mal de dérivatifs à l’achat de fringues compulsif!!